Pour les lecteurs enragés et compulsifs, une réalité matérielle vient souvent modérer leur passion : le poids des mots et des pages qui, littéralement, occupent l’espace. Où stocker ces livres chéris, ces voyages en kit, ces personnages gardés bien au chaud, pliés en quatre entre les lignes comme une tente Quechua qui, d’un geste, se fait foyer ?
C’est cet éventail de mondes contenus dans des bouts de papier qui rend les bibliothèques si magiques, immenses et oniriques. Que nos livres soient sur une étagère Ikea, entassés au pied du lit ou dans une salle dédiée, la méthode choisie pour les conserver en dit toujours beaucoup sur le lecteur, et chacune a ses qualités et ses défauts.

La bibliothèque par collection ou maison d’édition
Des classements, c’est l’un des plus élégants : on met en avant ses affinités avec telle ligne éditoriale, et cela flatte également l’œil car, souvent, dans une même collection, on trouve une harmonie de format et de couleur.
La bibliothèque alphabétique
Cohérent, utile dans les larges bibliothèques aux centaines d’ouvrages, ce choix est néanmoins contraignant, car il oblige à replacer un livre exactement là où on l’a pris. C’est celui qui est le plus prisé dans les librairies, et qui permet de retrouver très facilement un ouvrage.


La bibliothèque par couleur
Mon choix de cœur : j’aime les associations parfois incongrues que permet ce rangement purement esthétique. Mais le problème est le même que pour l’ordre alphabétique : il faut que tous les lecteurs impliqués se soumettent à la discipline des couleurs, sans quoi on se retrouve vite dans la catégorie suivante…
La bibliothèque hasardeuse
C’est de loin le plus simple. On trouve un livre, une étagère, et bim, voilà une bibliothèque. Peu importe les genres, les couleurs ou les auteurs, seul compte ici le hasard qui pousse le lecteur à butiner d’un livre à l’autre, au gré de ses envies.


La bibliothèque tentaculaire
Ici, les livres débordent du cadre, sortent des gonds, des étagères, armoires et lieux de stockage : ils se retrouvent partout, étalés, omniprésents, écrasants. Il y a du charme dans cette luxuriance, mais aussi un certain arrière-goût de danger : comment s’assurer de la bonne conservation des ouvrages disposés de si équilibriste façon ? Comment retrouver un ouvrage lu il y a longtemps sans devoir sortir la pelle ? Une méthode réservée donc aux bibliophiles les plus experts dans l’art du fouillis.
Et vous, comment rangez-vous vos livres ?

Laisser un commentaire