L’automne est là, les jours raccourcissent, les nuits noircissent, et l’on se sent un peu triste devant ces banalités. Néanmoins, haut les cœurs, car avec la pluie vient le temps du relâche : à quoi bon sortir quand tout est gris, alors qu’on a chez soi un canapé, un plaid, sa tisane miellée et pléthore de livres ?
Alors voici une sélection éclectique de trois livres pour vous accompagner en douceur dans ce mois d’octobre.

The Hog’s Back Mystery
Car détente ne veut pas dire paresse, commençons par un polar in english, histoire de s’imprégner de l’ambiance so british des feuilles qui tombent. Avec Freeman Wills Crofts, on saute avec délice et à pieds joints dans l’apogée du policier britannique, dont la plus célèbre représentante est l’inégalable Agatha Christie.
Inégalable, peut-être, mais pas inimitable : l’inspecteur French est un bon Poirot dans son genre, quoiqu’un peu décoloré. Son mystère, c’est la disparition du docteur Earle, pas seul dans son évaporation (momentanée ?) car bientôt rejoint par un ou deux autres malheureux. Avec une femme au manteau gris (ouh… mystérieux…) et une vieille dame fouineuse, on a de quoi faire.
Soyons honnête : la fin se renifle à des kilomètres malgré la lenteur de notre limier dont on suit les copieuses réflexions pas à pas, et les preuves sont, disons, old school.
Mais enfin, on en sort bien content de sa dose d’englishness, de crime douillet et d’ambiance surannée.

D’images et d’eau fraîche
Vous avez envie de passer des heures à scroller sur Instagram et Pinterest pour voir des dizaines d’images de peinture, de DIY, de chat ou de paysage, mais vous culpabilisez de le faire ? Lisez D’images et d’eau fraîche.
Mona Chollet, je la connais et je l’aime pour ses ouvrages féministes, sociaux et engagés, clairs et bien tournés, captivants et parfois révoltants : pour son talent. Elle ne le perd jamais, mais ici il est mis au service de l’esthétisme plutôt que de la pensée ; d’où la facilité joyeuse à lire ce petit essai.
Parce qu’une image – photo, dessin, peinture, d’artiste ou d’amateur, exceptionnelle ou quotidienne – nous offre plus qu’un brin de beauté : elle est un reflet de ce que nous voulons, croyons, aimons, sentons, sommes. Les collectionner (en découpant des magazines, en les épinglant comme des papillons sur Pinterest, en accrochant des tableaux…), c’est s’exprimer, se rencontrer, s’ouvrir au monde ; bref ça fait du bien.

Petits suicides entre amis
Si la déprime saisonnale vous touche, ce livre est pour vous. On le sait, les jours qui raccourcissent ne sont pas bons pour le moral, raison que l’on donne au taux anormalement élevé de suicides dans les pays nordiques, où l’hiver n’est qu’une longue nuit gelée.
Deux Finlandais souhaitent troquer la vie contre la fin de leur blues, mais choisissent pour cela la même vieille grange ; il faut croire que la promiscuité est suffisante à refroidir leurs ardeurs d’autosuppression.
Profitant de l’occasion pour se raconter leurs petits et grands malheurs, ils font le choix incongru de se lancer dans un voyage organisé avec d’autres prétendants suicidaires, afin de – quoi ? s’encourager ? profiter de la vie une dernière fois ? Un psy dirait : retarder inconsciemment une échéance qui n’est pas réellement souhaitée ; un auteur dirait : donner l’occasion de scènes cocasses et touchantes entre personnages déprimés et (un peu) caricaturaux.
Comme toujours avec Arto Paasilinna, c’est un roman léger, joyeux, heureux de vivre et de faire rire, à l’occasion.

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